Droit à l’avortement : de Washington à Los Angeles, des milliers d’Américains manifestent contre la décision de la Cour suprême 

La Cour suprême a annulé, vendredi 24 juin, l’arrêt Roe vs Wade qui reconnaissait depuis 1973 le droit à l’avortement au niveau fédéral. « La décision d’aujourd’hui éloigne les Etats-Unis d’une tendance progressiste », a regretté la haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet.

Des partisans du droit à l’avortement se sont mobilisés samedi aux Etats-Unis pour une deuxième journée de manifestations contre la décision de la Cour suprême de pulvériser ce que beaucoup pensaient être un acquis.

Des milliers de personnes se sont rassemblées samedi devant la Cour suprême à Washington, entourée de barrières et placée sous protection policière. « Ce qui s’est passé hier, c’est indescriptible et dégoûtant », s’est exclamée Mia Stagner, une étudiante en sciences politiques de 19 ans. « Aucune femme ne devrait être forcée à devenir mère ». Autour d’elle, des défenseurs du droit à l’IVG scandaient « séparation de l’Eglise et de l’Etat », ou encore « mon corps, mon choix ».

Plusieurs centaines de défenseurs du droit à l’avortement se sont aussi rassemblés à Los Angeles et des protestations étaient prévues dans d’autres villes, notamment dans les Etats qui ont profité de l’arrêt de la Cour pour bannir immédiatement les interruptions de grossesse sur leur sol.

PEMBA NGALULA Josepha

Emma Theofelus, une parlementaire namibienne de 26 ans, lauréate d’un prix de l’UNFPA 

Emma Theofelus, Vice-Ministre de l’information en Namibie a reçu le Prix des Nations Unies pour la population 2022.

Le prix individuel a été décerné à la jeune parlementaire namibienne Emma Theofelus, tandis que le prix institutionnel a été attribué au Conseil national de la population et de la planification familiale d’Indonésie.

Mme Theofelus est députée du Parlement namibien et actuellement Vice-ministre de l’information. Elle est la plus jeune lauréate à obtenir le prix. 

Le lauréat institutionnel, BKKBN, est une agence gouvernementale indonésienne chargée de formuler des politiques nationales et des initiatives de planification familiale. Elle encadre des experts en démographie.

Autonomisation des femmes 

Mme Theofelus a été récompensée pour son travail de défense de l’autonomisation des femmes et de la santé sexuelle et reproductive des adolescentes en Namibie.

Née en 1996, elle est l’une des plus jeunes ministres d’Afrique. Sa vision prenant en compte les préoccupations des jeunes femmes, ainsi que son expérience en tant que défenseure de la santé reproductive et sexuelle, lui permettent de s’adresser directement aux jeunes namibiens.

En tant que Vice-ministre, elle a mené la campagne de communication publique sur la prévention de la COVID-19 en Namibie. En tant que députée, elle a été à l’origine d’un texte de loi supprimant les taxes sur les produits d’hygiène féminine.

Avant sa nomination, Mme Theofelus était membre de la section namibienne d’AfriYAN, une organisation régionale dirigée par des jeunes. Elle y a mené des actions pionnières pour lutter contre les grossesses précoces et protéger la santé sexuelle et reproductive des jeunes.

PEMBA NGALULA Josepha

Beyoncé : la chanteuse provoque une vague de démissions aux Etats-Unis 

Six ans après la sortie de son dernier album, Beyoncé s’apprête à revenir en force avec son septième album, intitulé Renaissance. Pour faire patienter ses fans, la superstar américaine a dévoilé un premier single, qui a suscité un tel engouement que certains ont même envoyé dans la foulée leur lettre de démission à leur patron.

Pemba Ngalula Josepha

Afrique : Mettre fin aux violations des droits des filles 

– Les gouvernements africains ne devraient pas tolérer ni autoriser légalement le mariage des enfants, le déni d’éducation ou d’autres violations des droits des filles, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui à l’occasion de la Journée de l’enfant africain, célébrée sous l’égide de l’Union africaine. En 2022, cette journée est consacrée au thème « Élimination des pratiques néfastes affectant les enfants ». Les gouvernements africains devraient adopter des mesures plus fortes pour protéger les filles contre les pratiques qui violent leurs droits.

De telles pratiques néfastes sont souvent enracinées dans des conditions traditionnelles, économiques, religieuses et juridiques discriminatoires, ainsi que dans certaines opinions sociétales préjudiciables au sujet du rôle des filles et des femmes. L’une de ces pratiques est le mariage des enfants, qui continue d’être très répandu dans toute l’Afrique subsaharienne. Dix-huit des 20 pays ayant les taux de mariage d’enfants les plus élevés au monde se trouvent en Afrique subsaharienne. La plupart de ces pays affichent des taux très élevés de grossesse parmi les adolescentes, ainsi que des pourcentages élevés de filles non scolarisées au niveau de l’enseignement secondaire.

« De nombreuses filles abandonnent l’école parce qu’elles sont contraintes de se marier et d’avoir des enfants à un moment crucial pour leur éducation et leur avenir », a déclaré Rita Nketiah, chercheuse auprès de la division Droits des femmes à Human Rights Watch. « Le mariage des enfants empêche les filles de faire leurs propres choix de vie, perturbe ou met fin à leur éducation, les soumet à la violence et à la discrimination et les prive de leur pleine participation à la vie économique, politique et sociale. »

Les taux de mariages d’enfants et de grossesses d’adolescentes auraient augmenté dans la plupart des régions d’Afrique subsaharienne pendant la pandémie de Covid-19. Les estimations de l’UNICEF et d’organisations non gouvernementales Les estimations de l’UNICEF et d’organisations non gouvernementales indiquent une augmentation continue en raison de l’abandon scolaire des filles, de la perte de revenus des familles et de difficultés financières supplémentaires.

L’inaction sur le mariage des enfants par plusieurs gouvernements africains reste l’un des plus grands obstacles à l’effort de protection des droits des filles, notamment le droit à l’éducation. De nombreux gouvernements africains ont convenu de s’attaquer aux pratiques préjudiciables à l’égard des filles et des femmes et d’y mettre fin, mais leur mise en œuvre reste lente, a déclaré Human Rights Watch.

Au Nigeria, qui présente des taux très élevés de mariage des enfants, Human Rights Watch a constaté que les gouvernements des États et le gouvernement fédéral n’ont pas appliqué de manière adéquate les lois interdisant le mariage avant l’âge de 18 ans. Dans l’État de Kano au Nigéria, une fillette de 11 ans a abandonné le premier cycle du secondaire après le décès de sa mère et sa famille l’a mariée pour que quelqu’un s’occupe d’elle.

Maintenant âgée de 14 ans, elle a déclaré à Human Rights Watch que le jour de son mariage, elle s’était sentie impuissante : « Je ne me souviens pas vraiment [de mon mariage] parce que ce n’était pas ma décision. C’était la décision des membres de ma famille. Je ne l’aime pas vraiment. Ils m’ont juste mariée avec lui sans mon consentement. Il y a eu une cérémonie de mariage [traditionnelle], mais je n’y ai pas participé.»

Plus de 30 gouvernements africains ont adopté des mesures, dont beaucoup ces dernières années, qui protègent le droit des adolescentes de rester à l’école pendant la grossesse et la maternité. En dépit de progrès significatifs, des autorités scolaires de nombreux pays dotés de protections légales, comme le Kenya et le Malawi, interdisent encore à ces élèves de fréquenter les écoles publiques. Certains gouvernements n’ont pas encore adopté de protections juridiques explicites ni de mesures financières ou de protection supplémentaires pour garantir que ces filles, notamment les élèves mariées avec enfants, bénéficient du soutien nécessaire pour rester à l’école.

La Tanzanie, qui a aboli une interdiction discriminatoire de fréquenter l’école contre les élèves enceintes ou les jeunes mères en novembre 2021, n’a pas supprimé les règlements qui permettent aux écoles d’expulser les élèves ayant « contracté mariage ». Le gouvernement n’a pas non plus rendu illégal le mariage d’enfants, en dépit d’une décision rendue par la Haute Cour en 2016 de modifier la loi sur le Mariage afin de fixer à 18 ans l’âge légal du mariage pour les filles et pour les garçons.

L’Union africaine devrait amplifier l’appel des institutions africaines des droits humains et exhorter tous ses États membres à interdire le mariage des enfants, a déclaré Human Rights Watch. Elle devrait inciter les pays à adopter des lois et des politiques en faveur de la poursuite de la scolarisation qui encouragent les filles à rester à l’école et à y retourner après avoir eu un enfant, afin qu’elles puissent réussir sur le plan scolaire.

Bien que de nombreux gouvernements africains aient fait des progrès importants pour réduire les inégalités de genre dans l’accès à l’enseignement secondaire, de nombreuses filles continuent de faire face à d’autres obstacles et restrictions qui les privent de leur droit à l’éducation. Les recherches de Human Rights Watch au Nigeria, en Tanzanie et au Malawi, entre autres pays, ont révélé que les frais de scolarité et les coûts indirects dans les écoles secondaires continuent d’être l’un des plus grands obstacles, en particulier pour les filles issues de familles à faible revenu et celles qui vivent dans la pauvreté.

De nombreuses filles courent un risque accru de mariage précoce lorsque l’enseignement qu’elles reçoivent est de mauvaise qualité, lorsque leurs parents perçoivent un risque de violence sexuelle à l’école et sur le trajet de l’école, et une fois qu’elles abandonnent l’école. Dans de nombreuses communautés, ces facteurs continuent d’accélérer le choix des parents de marier leurs filles alors qu’elles sont encore enfants.

« Tous les gouvernements africains devraient modifier de toute urgence leurs lois et politiques afin de garantir que les lois sur le mariage exigent l’égalité des genres et interdisent la discrimination », a conclu Rita Nketiah. « Ils devraient également œuvrer avec zèle pour éliminer tous les obstacles financiers et politiques afin de garantir que toutes les filles puissent obtenir une éducation secondaire gratuite. »

Josepha Pemba Ngalula

RDC : Sama Lukonde et Alexander De Croo entendent coopérer davantage sur les questions de la gent féminine  

Le Premier Ministre Sama Lukonde et son homologue Alexander De Croo, ont également pris part à la table ronde organisée autour des femmes leaders à l’occasion de la visite officielle du couple royal en RDC. A l’issue des discussions, les deux chefs de gouvernement ont émis le vœu de coopérer davantage notamment sur les questions de la femme.


« Dans le cadre de la promotion de la femme et du genre, nous avons eu des échanges sur quatre thématiques très importantes qui nous ont été rappelées par les femmes leaders. Les questions d’accès à l’emploi, au monde politique, le lien avec les écoles des métiers mais aussi l’accès à la jeune fille à l’éducation. Nous avons pris le temps d’écouter les pistes d’orientation qui nous ont été données. Nous avons promis non seulement de nous pencher sur la question mais surtout de multiplier ce type de cadre d’échange et nous rassurer que chaque fois cette voix est entendue »,
 a déclaré le Premier ministre Sama Lukonde à l’issue de cette rencontre.

Et d’ajouter, « Je pense qu’à l’avenir, c’est certain que dans le cadre de la coopération que nous avons, ce sera une question qui sera aussi mise au centre de nos échanges. Cela veut dire l’épanouissement de la jeune fille et de la femme en RDC ».

De son côté, le Premier ministre Belge a insisté sur l’éducation de la femme qui est indispensable pour la détermination de ses choix futurs. 

« Des sociétés qui ont beaucoup évolué sont celles où tout le monde bénéficie de l’égalité des opportunités, l’égalité des chances. La coopération s’investit beaucoup dans la formation, dans l’accès aux soins de santé, et dans le combat contre les violences sexuelles et celles basées sur le genre. On espère, dans les mois et les années qui viennent, pouvoir bien travailler ensemble. La base c’est l’éducation. Les femmes qui ont leurs revenus font souvent  le choix de se marier à un âge avancé, de choisir elles-mêmes combien d’enfants elles pourraient avoir et d’éviter que leurs enfants soient dans une situation de précarité. C’est une bonne chose. L’accès à l’éducation est la base pour que tout le monde ait les mêmes opportunités. On sait que c’est un défi énorme.  La Belgique est un partenaire dans l’enseignement professionnel. On est prêt à regarder ensemble avec la RDC pour mobiliser le FMI, la Banque Mondiale, etc. », a dit Alexander De Croo. 

Quatre associations féminines ont été retenues pour servir d’interlocutrices au cours de ces échanges négociés sous une tente aménagée au jardin de l’Académie des Beaux-Arts. Il s’agit des associations « Femmes d’exception du Congo », « Rien sans les femmes », « Réseau des femmes leaders africaines et « Afia Mama ».

Le but de ces discussions était de créer un espace de dialogue sur les questions du genre en République Démocratique du Congo. Devant le président Félix Tshisekedi et le Roi Philippe, les femmes de la société civile ont eu l’opportunité d’évoquer leurs expériences de terrain et proposer des pistes de solutions idoines pour l’atteinte de leurs objectifs.

Josepha Pemba Ngalula

Au Conseil de sécurité, António Guterres dénonce une régression des droits des femmes dans de nombreux pays

M. Guterres a remarqué que les femmes et les filles étaient touchées de manière disproportionnée par la violence et les impacts socioéconomiques des conflits armés, et que face aux troubles politiques et aux prises de pouvoir par la force dans le monde, les progrès en matière d’égalité de genre étaient en recul.

Le chef de l’ONU s’est notamment inquiété d’un « écart béant » entre les engagements des nations, et la réalité vécue par les femmes en temps de guerre, et a dressé un sombre tableau de la situation, conflit par conflit.

« En Afghanistan, les Talibans ont nommé un gouvernement d’hommes, fermé les écoles de filles, interdit aux femmes de montrer leur visage en public et restreint leur droit de sortir de chez elles. Près de 20 millions de femmes et de filles afghanes sont réduites au silence », a-t-il dit.

Au Myanmar, où une grande partie des organisations de femmes ont été contraintes de fermer leurs portes depuis le coup d’État militaire, des bureaux ont été perquisitionnés et saccagés, des militants ont été arrêtés. « Beaucoup ont fui le pays. Les femmes ne peuvent pas s’exprimer ouvertement et n’ont aucune voie vers la participation politique », a rapporté M. Guterres, tandis qu’au Mali, « les femmes s’appauvrissent et se marginalisent de plus en plus à mesure que le pays subit des coups d’État militaires successifs, et les extrémistes représentent une menace encore plus grande ».  

Dans ces conflits, ce sont les hommes qui sont au pouvoir et les femmes qui sont exclues, avec leurs droits et leurs libertés délibérément ciblés, a poursuivi le chef de l’ONU, qui a dénoncé « les déséquilibres de pouvoir » et « le patriarcat ».   

Régressions au Soudan, violences sexuelles en Ukraine

En Ukraine, « l’invasion russe a contraint des millions de femmes et d’enfants à fuir leur pays du jour au lendemain, les exposant au risque de trafic et d’exploitation de toutes sortes », alors que le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a reçu 124 rapports de violences sexuelles liées à ce conflit, la plupart commises contre des femmes et des filles.

« Et nous savons que pour chaque femme qui signale ces crimes horribles, il y en a probablement beaucoup d’autres qui sont tenues au silence », a déploré le Secrétaire général. 

Une mère et son fils attendent d'être évacués de la ville assiégée de Mikolayiv, en Ukraine.
Crédit photo indélébile

Au Soudan, deux ans après la célébration du rôle des femmes dans la révolution, un nouveau coup d’État a interrompu la transition, anéanti leurs espoirs. Là aussi, « les auteurs présumés de violations des droits de l’homme restent au pouvoir, les réformes essentielles sont retardées et la violence à l’égard des femmes se poursuit ». 

Autre mauvaise tendance dans le monde relevée par M. Guterres : le cas de millions de filles non scolarisées et sans perspective de formation, d’emploi ou d’indépendance financière, et un nombre croissant de femmes et de filles victimes de violences domestiques.

Le Secrétaire général s’est inquiété d’une « récente désaffection pour les politiques inclusives » dans monde, montrant selon lui, « une fois de plus », que « la misogynie et l’autoritarisme se renforcent mutuellement, et sapent l’établissement de sociétés stables et prospères ».  

Le salut passe par les organisations régionales et la participation des femmes au règlement des conflits

En Afrique occidentale et centrale, l’ONU travaille en étroite collaboration avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) afin de garantir la participation des femmes à la médiation des conflits. 

La participation des femmes aux activités de médiation des conflits est essentielle pour y mettre fin, a rappelé M. Guterres. « Leurs analyses sont indispensables pour comprendre la dynamique des conflits et élaborer des stratégies efficaces de prévention et d’intervention ».

Des études montrent également que la participation active des femmes à la consolidation de la paix augmente les chances de parvenir à une paix durable. 

Cependant, malgré une efficacité qui n’est plus à prouver, le programme de l’ONU pour les femmes et la paix et la sécurité continue d’être contesté – et même de subir des revers – à travers le monde, a déploré M. Guterres, qui a demandé aux membres du Conseil et à tous les États Membres de « réfléchir aux causes de cette tendance ».

« Nous voilà revenus des décennies en arrière »

La Directrice générale d’ONU Femmes, Sima Bahous, a durant cette même séance souligné l’impact des conflits sur les femmes et les filles, qui s’étend de la perturbation de leur l’éducation aux mariages précoces, en passant par les violences sexuelles et sexistes, l’insécurité alimentaire, le manque de moyens de subsistance ainsi que l’accès au logement, à l’eau et l’assainissement et à la dignité.

« Nous voilà revenus des décennies en arrière », a-t-elle déclaré.

Mme Bahous a rappelé au Conseil les accords qu’il a conclus, par le biais de la résolution 1325, pour protéger les femmes et les filles durant les conflits, et pour faire en sorte que les femmes soient au cœur du rétablissement et du maintien de la paix.

Malgré de nombreux progrès institutionnels, presque chaque fois qu’il y a des négociations politiques, des pourparlers de paix, on se demande où sont les femmes, a-t-elle martelé devant les Etats membres du Conseil.

« La raison est simplement que nous n’avons pas respecté nos engagements, a déclaré Mme Bahous. Veillez à ce que les femmes soient présentes. A part entière. Avec leurs propres expériences. Avec leurs propres connaissances, et leur propre vision de l’avenir », a-t-elle souligné.

Josepha Pemba ngalula